Il y a peu de temps, nous vous avions présenté le Nutri-Score, vous vous en souvenez ? Pour rappel, il s’agit d’un système d’étiquetage qui indique la qualité nutritionnelle des aliments que vous consommez. Représenté par un logo apposé sur la face avant des emballages, il se base sur une échelle de lettres allant de A à E et coloré de 5 teintes, du vert foncé au orange foncé. Vous l’aurez compris, si le score tend vers le E et vers le rouge, cela signifie que le produit n’est pas terrible pour la santé.
A la suite de cette présentation, on s’est posé une question chez Mérieux NutriSciences. Ce genre d’étiquettes existe-t-elle pour les produits cosmétiques ? En effet, ne serait-ce pas pratique pour choisir plus facilement son gel douche ou son mascara ? Alors, on a creusé et on a trouvé deux scores cosmétiques, actuellement en cours de développement.
Le Cosméto’Score : pour dire stop aux cosmétiques nocifs
Comme son nom l’indique, ce score est dédié aux produits cosmétiques. Le Cosméto’Score a été mis en place en 2020, à l’initiative de l’Institut national de la consommation (INC). Cet institut est principalement connu pour l’édition du magazine 60 Millions de Consommateurs, qui a pour but d’informer les français sur ce qu’ils achètent. L’Institut part d’un constat très simple : sur tous les produits cosmétiques se trouve la liste INCI (nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques, en anglais), très compliquée à décrypter si vous n’êtes pas un scientifique aguerri qui connaît les risques de chaque composant. L’Institut a donc mis en place le Cosméto’Score, qui évalue pour vous l’impact de votre achat sur votre santé et sur l’environnement. L’INC a ensuite publié les résultats dans le numéro 561 du magazine 60 Millions de Consommateurs, pour que ses lecteurs prennent conscience de l’impact des cosmétiques passés au radar.
Comment ce score fonctionne-t-il ? 70% de la note est dédié à l’impact sur la santé. Les 30% restants sont consacrés à l’impact environnemental du produit. L’évaluation prend également en compte l’usage du produit (est-ce qu’on l’utilise tous les jours ? est-ce qu’il est rincé après utilisation ?). Sur cette base, les produits sont notés sur une échelle de A « sans réserve d’utilisation » à E « utilisation fortement déconseillée, produit contenant trop de substances problématiques ».
Pour le moment, le Cosmeto’Score n’en est qu’à ses débuts. Il présente 86 produits cosmétiques courants : gels douche, crèmes hydratantes, mousses à raser, dentifrices, vernis à ongles et fonds de teint. D’après l’INC, les premiers résultats obtenus sont assez rassurants. En effet, chaque catégorie comporte au moins quelques produits notés A. Attention cependant, le prix n’est pas nécessairement indicateur d’un bon Cosméto’Score. Certaines crèmes de luxe obtiennent un score E, donc « fortement déconseillé » car elles contiennent trop d’ingrédients potentiellement dangereux.
Plutôt mal reçu par les entreprises du secteur, le Cosmeto’Score a été taxé de fourre-tout anxiogène. Les professionnels de la beauté rappellent que si un cosmétique a été mis sur le marché, c’est qu’il a passé les contrôles sanitaires de base et ne présente pas de risque avéré pour la santé. En réponse à cela, l’INC indique que son but premier est de pousser les industriels à faire mieux que les normes en place.
Reste à voir si ce nouveau système de notation plaît aux consommateurs ! A l’avenir, peut-être qu’il sera plus largement diffusé, au-delà du magazine.
L’EcoBeautyScore : un score cosmétique en développement
Cependant, le Cosméto’Score n’est pas le seul à s’intéresser à nos produits cosmétiques. En 2022, les professionnels du secteur de la beauté ont lancé le consortium EcoBeautyScore. Lequel, à la différence du premier, juge principalement l’impact environnemental des produits.
En effet, plus de 42% des consommateurs interrogés (étude réalisée par Capgemini en 2021) déclarent s’intéresser aux marques qui ont des pratiques durables. Cette innovation va donc contribuer à répondre à la demande croissante du grand public pour des produits plus responsables. Elle rend l’information plus facile d’accès grâce à un système de notes allant de A à E jugeant l’origine des ingrédients, la biodégradabilité de la formule ou encore la fabrication du packaging. Cet outil compare donc les produits d’une même catégorie en prenant en compte l’impact environnemental qu’ils ont tout au long de leur cycle de vie.
Parmi les 50 membres qui se sont accordés sur ce score, on retrouve les acteurs majeurs de la filière : L’Oréal, LVMH ou encore Unilever. L’objectif est, à terme, de créer un outil commun à tous les acteurs du marché cosmétique.
En revanche, et au vu des marques présentes dans ce consortium, on peut se poser la question du potentiel conflit d’intérêt que cela pourrait créer. Les marques ne vont-elles pas utiliser ce score pour promouvoir leurs produits et ainsi biaiser les résultats ? Pour éviter cela, les entreprises ont fait appel à plusieurs cabinets de conseil, censés garantir l’exactitude des résultats et la bonne application de la méthodologie de notation. Un panel d’experts, composé d’ONG, de scientifiques et d’universitaires, sera donc également sollicité durant le processus.
L’objectif, pour ces acteurs, est de proposer un premier prototype d’ici fin 2022, sur une première sélection de produits. Préparez-vous à en entendre parler très prochainement !
En conclusion, à quoi faut-il se fier ?
On ne sait pas vous, mais chez Mérieux NutriSciences, on a hâte de voir ce que vont donner ces nouveaux scores cosmétiques ! Ils permettent aux personnes d’avoir accès à une information de manière rapide et facile, que ce soit pour leur santé ou concernant l’impact environnemental de leurs achats. Le seul bémol : il n’existe pas un projet de score global, qui prend en compte tous ces aspects en même temps. Peut-être qu’à l’avenir, d’autres acteurs porteront ce projet. Quoiqu’il arrive, nous vous tiendrons au courant !